ACTUALITÉ

retour aux actualités
14/08/2026

Réaction communiqué CR56 blaireau et dégats

Que penser de ce communiqué de la Coordination Rurale du Morbihan (CR56) ? Il soulève une vraie question, celle des dégâts causés par la faune sauvage et de leurs conséquences pour les agriculteurs. Mais il présente comme évidentes des affirmations qui méritent d’être nuancées.

Sans même s’arrêter sur le fait que le blaireau n’est pas classé parmi les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD), les vraies questions sont : les dégâts de blaireaux sont-ils réellement importants ? Et la chasse du blaireau permet-elle effectivement de les limiter ?

Il n’existe aucune donnée fiable en France. Mais chez nos voisins belges, les dégâts de blaireaux sont indemnisés en Wallonie. Cette situation permet une appréciation relativement objective de l’impact du blaireau sur les cultures. Si les dégâts dans les cultures existent, ils sont relativement restreints, notamment comparés à ceux faits par les sangliers, qui font 24 fois plus que le blaireau en termes de montant. En d’autres mots : il faut environ 25 ans pour que les blaireaux fassent le même montant de dégâts que ceux que font les sangliers en un an !

Au cours du temps, les dégâts de blaireaux sont également stables, malgré le statut de protection de l’espèce (pas de chasse ni de régulation)*.

On peut donc légitimement s’interroger sur l’efficacité et l’utilité de la chasse du blaireau pour réduire les dégâts agricoles. Plutôt que de raisonner de manière instinctive et simpliste, il est nécessaire de s’appuyer sur les données objectives disponibles, sur la biologie des espèces et sur le fonctionnement complexe des écosystèmes.

La destruction d’espèces, et du blaireau en particulier, donne simplement l’illusion d’agir, sans réelle efficacité.

Enfin, rappelons que tous les agriculteurs ne se plaignent pas du blaireau, loin s’en faut. Nous en avons croisé un certain nombre qui ne considéraient pas le blaireau comme un problème. Certains étaient même très heureux de pouvoir en apercevoir un de temps en temps !

* Voir notre document « Blaireau et dégâts dans les cultures : l’exemple de la Belgique »